29/09/2006

Francois Couturier "Nostalghia-Song for Tarkovsky"

(ECM/Universal)
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Tout d'abord, bref petit rappel pour les néophytes : Andrei Tarkovsky était un cinéaste russe qui, entre 1966 et 1986, réalisa 7 films dont les mythiques Stalker et Solaris, probablement deux des plus grands films d'anticipation du XXéme siécle. Francois Couturier, pianiste francais et grand admirateur de Tarkovsky, lui rend hommage aujourd'hui à travers ce disque d'une beauté crépusculaire. Accompagné d'une violonceliste, d'un accordéoniste et d'un saxophoniste, Couturier essaye de retranscrire par la musique les émotions des films de Tarkovsky. Toute en retenue le jeu de piano de Couturier est limpide, sans esbrouffe, au service des thèmes souvent sombres, parfois lugubre, qui composent cet album. Ces sidemens sont au diapason, ce qui débouche sur une cohésion parfaite, mais que les lecteurs se rassurent, nul besoin d'avoir vu la filmographie complète de Tarkovsky pour apprécier ce disque, qui, d'un point de vue strict, n'est pas réelement du jazz, mais plutôt des pièces d'ambiance tantôt triste, tantôt effrayante, mais toujours somptueuse au service de compositions trés travaillées. Jean-louis Matinier fait pleurer son accordéon comme personne, Anja Lechner, la vilonceliste, donne une teinte encore plus sombre aux différentes scènes, quant au saxophoniste, il apporte la peur, l'angoisse, si souvent présente dans l'oeuvre de Tarkovsky. Comme toujours chez ECM, les paris sont riqués mais sont pour la pluspart de grande réussite, Nostalghia-Song for Tarkovsky en est un preuve supplémentaire.
Note: 8/10

Alex

19:09 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz |  Facebook |

Cortney Tidwell "Don't Let Stars Keep Us Tangled Up"

(Ever Records/Pias)
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Depuis le silence de Mazzy Star, on cherchait désespérément quelqu'un avec le même talent que Hope Sandoval, on a eu une première réponse avec Anna-Lynne Williams, chanteuse des trés recommandables Trespassers William, en voilà une seconde avec la charmante Cortney Tidwell qui nous livre son premier opus. Parrainée par Kurt Wagner qui lui fait l'honneur d'un duo sur le trés beau "Society", Cortney Tidwell nous charme immédiatement. Avec sa voix enfantine et mutine, elle nous embarque dans un trés somptueux voyage sonique, où l'onirisme est la principale caractéristique. Les influences de Mazzy Star et Trespassers William sont bien présentes mais pas étouffantes, comme le montre le trés majesteux titre éponyme de l'album. "Eyes are at the billions" avec ses guitares électriques virevoltantes montrent également une petite influence de My Bloody Valentine et "Illegal" a un petit côté Goldfrapp des débuts, tout cela entrecoupé de petites ballades acoustiques qui font de ce véritable premier album un melting-pot musical des plus réussis. Sans jamais copier, Cortney Tidwell arrive à un trés beau résultat plein d'élégance et de charme, un joli premier essai, à confirmer.
Note: 7/10

Alex

16:23 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dream-pop |  Facebook |

Angela Desveaux "Wandering Eyes"

(Thrill Jockey/Pias)
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Sheryl Crow aurait-elle pris un pseudo? En tout cas la jeune canadienne Angela Desveaux a semble t'il quelques problemes de personnalité, voici le prototype d'un album raté. Tous les clichés de la country FM sont là. Une voix jolie certes, mais passe partout, elle pourrait nous chanter l'annuaire que cela ferait le même effet, un groupe lourd jouant de la truelle plutôt que de la musique, tous les poncifs country y passent...incroyable! Ce qui sauve le disque du zéro absolu, ce sont deux ballades country à l'ancienne "If only" et le bluesy "All the talk" où Angela se fait plus humnble et les musiciens plus dicrets, le reste ne mérite même pas d'être commenté...Ah si! si quelqu'un pouvait contacter Chuck Norris, il aurait un nouveau répertoire pour sa série culte Walker Texas Ranger. Eh oui, pas facile de faire de la bonne country, et si qui que ce soit trouve un quelconque intérêt à ce disque, soit c'est de la mauvaise foi soit alors il faut qu'il contacte un O.R.L d'urgence.
Note: 1,5/10

Alex

15:35 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : country-folk |  Facebook |

Micah P.Hinson and the Opera Circuit "Micah P.Hinson and the Opera Circuit"

(Sketchbook)
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Revoici le grand Micah P.hinson avec un troisième opus rempli de boue en provenance directe du Texas, d'Abilene pour être plus précis, petite bourgade charmante où, à part des cow-boys et des ploucs, y a pas grand chose. Mais revenons à nos moutons, Hinson diversifie sa musique avec ce nouvel album, en effet, les quatre premiers titres ont été enregistés pour faire danser tout ce que compte d'alcooliques la ville Abilene dans un saloon crasseux, "It'so long" termine ce premier quatuor en semi berceuse pour texans toxicos. Hinson s'essaye également à la country-rock avec le trés réussi "You're only lonely". Mais attention, Hinson ne nous a pas oublié amis mélancoliques, "Drift off to sleep" est un modèle de ballade pour tout suicidaire en cavale, "Little boys dream" ferait fuir tous les lapins roses de votre jardin imaginaire et enfin "Don't leave me now", chanson cathartique pour tous les Pokemons qui en ont marre de leur existence de merde. Pour le reste la voix caverneuse et éraillée de Hinson est de plus en plus belle et l'Opera Circuit qui l'accompagne envoie plus que généreusement la sauce, plus tabasco que mayo. Encore un chef d'oeuvre, merci Micah.
Note: 9/10

Alex

14:49 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : country-folk |  Facebook |

Sibylle Baier "Colour Green"

(Orange Twin Records/Socadisc)
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Comment un disque comme celui-ci a t'il pu disparaître pendant plus de trente ans? Sibylle Baier, vivant aujourd'hui aux Etats-Unis, a enrgistré entre 1970 et 1973 quatorze petites épines de douleur en Allemagne, quatorze chefs d'oeuvre autobiographiques d'une pureté absolue. Accompagnée de sa seule guitare accoustique (à l'exception de "Give me a Smile"), c'est dans la nudité la plus totale, autant sur le plan instrumental qu'émotionnelle, que Sibylle Baier se livre à nous. Sa voix remplie de douleur, mais aussi d'espoir à venir, hante ses comptines malheureuses sur la disparition "Remember the day", sur l'errance "Driving", sur toute sa vie d'alors. Malgré une évidente peine dans cette voix parfois tremblante, Sibylle espére "Softly", et on souffre, on rit avec elle. L'extrême dépouillement de ses chansons facilite encore plus l'identification à toutes les émotions distillées par cette jeune femme perdue alors, et qui a annoncé il y a peu quelle reviendrait peut-être à la musique, c'est tout le mal qu'on peut lui souhaiter tellement Colour Green fait office de disque déjà culte. Ce disque est un peu le pendant féminin de Pink Moon de Nick Drake, même sentiment d'avoir affaire à des écorchés vifs, à des perdants merveilleux, les mots manquent...
Note: 9,5/10

Alex

14:06 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : folk |  Facebook |

The Album Leaf "Into The Blue Again"

(City Slang/Coopérative Music)
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Ah Jimmy Lavalle revient avec son quatrième opus, toujours sous le nom de The Album Leaf. Aprés s'être octroyé les services de Sigur Ros pour son précédent album (magnifique en tout point), c'est au tour de Paul Jenkins, membre de The Black Heart Procession, de venir prêter main-forte à Lavalle. Contrairement à son précédent opus, "Into The Blue Again" n'est pas entièrement instrumental, sur les dix titres, trois sont chantés et les trois sont ratés, la voix de Lavalle étant une vraie torture pour nos conduits auditifs et les arrangements sont de même. Pour le reste, c'est plus qu'au poil, tous les instrumentaux sont composés avec une finesse et une sensibilité remarquables , Lavalle jouant 90% des instruments. Si In a Safe Place était marqué par la froideur de l'Islande où Lavalle avait enregistré, Into The Blue Again est plus chaud, plus lumineux tout en gardant un côté clair obscur des plus réussis. Lavalle a réussi un parfait album automnal (hormis les trois massacres), qui comblera tous les amoureux de feuilles jaunissantes et de pluie légère. Des titres comme "Whisful Thinking", "See in you" (avec sa guitare nuageuse) ou encore "The Light" sont également fortement recomandés pour les dimanches à deux sous la couette.
Note 6,75/10

Alex

12:16 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : electro-pop |  Facebook |

Susanna & The Magical Orchestra "Melody Mountain"

(Rune Grammofon/La Baleine)
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Encore un autre album de reprises, c'est très "in" en ce moment. Faut-il encore pouvoir avoir un univers suffisamment fort pour ne pas faire juste du copier coller. Pour cette jeune norvégienne, le pari est réussi, Susanna Wallumrod et son univers fantomatique se réaccapare totalement ces reprises qui vont de AC/DC à Prince en passant par Scott Walker ou encore Kiss...L'album s'ouvre sur une magistrale reprise de "Hallelujah" de Cohen qu'on jurerait chantée par une revenante sous tranxène, la voix ténue, fragile de Susanna ne semble tenir qu'à un fil. Quant au Magical Orchestra, il aurait pu être rebaptisé minimal orchestra tant les accompagements sont dépouillés à l'extrême. C'est justement la force de ce second opus, avoir réussi à désosser jusqu'à la moelle ces chansons pour n'en retirer que l'essentiel : la beauté. "It's raining today" de Scott Walker en est l'exemple parfait, la voix amplifiée de Susanna semble avoir été enregistrée dans des catacombes avec des milliers de fantômes à ses cotés. Voilà un album de reprises formidables qui fait oublier à l'auditeur que ce ne sont pas des compositions originales de Susanna. Un petit bémol tout de même sur le chant parfois un peu trop mou, trop de valium tue le valium.
Note: 7/10

Alex

11:36 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : folk |  Facebook |