22/08/2006

Dirty Pretty Things "Waterloo To Anywhere"

(Vertigo/Mercury)
Rock

Divorcés depuis 2004, The Libertines n’ont pas fini de faire parler d’eux -séparément bien sûr. Après le shambolic Pete Doherty et l’ancien bassiste John Hassal, c’est au tour de Carl Barât et de Gary Powell, autre moitié des Libertines, de revenir sous les projecteurs avec un tout premier album, Waterloo To Anywhere.
L’ancien chanteur-guitariste et l’ex-batteur ont décidé de continuer l’aventure ensemble au sein d’une nouvelle formation, les Dirty Pretty Things -du nom des soirées que donnait Barât dans son club de Londres. Et comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne.
Rejoins par Anthony Rossomando, guitariste chevelu aussi épais qu’une allumette, et Didz Hammond, bassiste nerveux au prénom paraissant tout droit sorti d’un cartoon loufoque, les Dirty Pretty Things livrent un excellent premier opus.
Tout est là: la rapidité des percussions -qui font d’ailleurs de Powell l’un des meilleurs batteurs de rock actuels- , les riffs de guitares effrénés, les dérapages musicaux incontrôlés, les textes racés, mélancoliques et torturés, et la délicieuse voix de branleur de Carl Barât, que l’on avait presque failli oublier.
Waterloo To Anywhere rappelle parfois les albums des Libertines, sans pour autant les singer. Barât, dont la désinvolture naturelle étonne encore, revient plus déterminé que jamais, mais plus anxieux aussi. Espoirs déçus, illusions perdues, drogue, dépression sur fond de rock garage débauché, Barât, avec des titres tels que « Bang Bang You‘re Dead», « You Fuckin’Love It » ou encore « Deadwood », tente de tordre le cou à ses vieux démons, en musique s’il vous plaît .
Présente tout au long de l’album, la guerre est disséquée, jusqu’à n’être vue que comme une éprouvante lutte intérieure - Barât se désignant lui-même, à demi-mot, comme son pire ennemi (« The Enemy »). Écorché vif, l’ancien libertin ne renie pas son passé. Il tire seulement -provisoirement peut-être- un trait dessus, avouant sans retenue ses faiblesses. Bien sûr, certains titres semblent plus légers, moins proches de l’apocalypse, comme le très rollingstonien « If You Love A Woman », mais Waterloo To Anywhere reste un album thérapeutique, une délivrance bien mérité pour celui qui a essayé, en vain, d’extirper Doherty des griffes de ses nombreuses addictions.
Avec ses Jolies Choses Sales, Barât, qui avoue « aller un peu mieux aujourd’hui », a désormais un bel avenir devant lui. C’est tout le mal qu’on lui souhaitait.
Note: 8/10 pour les fans.

Ondine

14:43 Écrit par Melancholia dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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